21 Mai TOUT EN ROSE – MARIE PERBOST, KAËLIG BOCHÉ ET L’ENSEMBLE GULLIVER

Soprano: Marie Perbost
Ténor: Kaëlig Boché
Ensemble Gulliver
Piano, direction et arrangements: Félix Ramos
Saxophone: Carl-Emmanuel Fisbach
Clarinette: Ann Lepage
Trompette: Arthur Escriva
Hautbois: Olivia Vitelli
Violon: Eugénie Le Faure
Contrebasse: Charles Thuilier
Mise en espace: Julien Girardet
Le tout nouvel Ensemble Gulliver, placé sous la direction du pianiste et chef d’orchestre Félix Ramos, inaugure son aventure artistique avec un programme éblouissant, situé au carrefour de la France et des États-Unis des années 1920.
Dans l’esprit libre et espiègle du « Bœuf sur le toit » cher à Cocteau, charleston, foxtrot, early jazz, chansons françaises et œuvres néoclassiques du Groupe des Six se répondent et se mêlent, dans un dialogue jubilatoire entre musiques « savantes » et musiques « légères ».
La soprano Marie Perbost, irrévérencieuse et lumineuse, et le ténor Kaelig Boché, tour à tour tendre et taquin, sont portés par un orchestre de chambre à l’énergie communicative. Une soirée faite pour émouvoir, faire sourire — et peut-être bien donner envie de danser.
Le programme de Tout en rose embrasse trois univers qui, dans le Paris des années 1920, se côtoyaient et se nourrissaient mutuellement : la musique écrite du Groupe des Six, la chanson française populaire, et le foxtrot américain tel qu’il envahissait alors les dancings parisiens.
Pour réunir ces mondes sur un même plateau, Félix Ramos s’est livré à un travail d’orfèvre. Tous les arrangements sont de sa main — pensés et taillés pour la formation de chambre de Gulliver, dans le souci constant de restituer l’esprit de l’époque sans le figer. Pour les chansons françaises, dont les partitions originales ont disparu — comme « Qui » et « Oui je suis de Paris » de Mistinguett, pour ne citer que celles-ci — le travail a été plus archéologique encore : c’est à partir de vieux enregistrements, parfois lacunaires, que Félix Ramos a reconstitué et réinventé un répertoire que l’on croyait en partie perdu.
Du côté de la musique écrite, « Adieu New-York » de Georges Auric et les pièces de Germaine Tailleferre côtoient, le temps d’une soirée, « Ten cents a dance » de Ruth Etting et « Let’s do it » de Cole Porter — comme si la frontière entre grand et petit répertoire n’avait jamais existé.