TRANSATLANTIC RHAPSODY – LA SYMPHONIE DE POCHE & DEBORAH NEMTANU

TRANSATLANTIC RHAPSODY – LA SYMPHONIE DE POCHE & DEBORAH NEMTANU

La Symphonie de Poche, direction Nicolas Simon

Pablo de Sarasate et Maurice Ravel sont basques. Ravel et Gershwin s’admirent, se rencontrent. Gershwin et Bartók se manquent de peu à New-York : si le premier y naît, le second y meurt. Lucas Henri est passionné par la musique américaine sous toutes ses formes mais aussi par la musique de Maurice Ravel. Tous ces artistes partagent une histoire avec l’océan qui relie ancien et nouveau continents. Tous dialoguent, chantent leur culture, à voix nue ou à travers celle du violon. Ils tissent leurs airs, les rapiècent tel le rhapsode originel, celui qui coud ensemble les ôdes (du grec rhaptein: attacher ou ajuster en cousant / ôdê : chant).

Transatlantic Rhapsódy s’intéresse à la rhapsodie, ce genre instrumental de style et de forme très libres, proche de l’improvisation. Ce n’est pas un hasard si la rhapsodie a été (et est toujours !) un genre très prisé des compositeurs, en particulier dans les partitions pour violon : ses racines puisent le plus souvent à la source des musiques populaire et folklorique. Le folklore d’Europe Centrale, notamment, y tient une place de choix avec ses musiques par essence virtuoses, riches, colorées, virevoltantes dont on ne peut prédire le dénouement.

Incarnant idéalement cette figure de la violoniste rhapsode, nous sommes heureux de retrouver Deborah Nemtanu pour ce nouveau programme qui s’inscrit dans la continuité de notre enregistrement « Eh bien, dansez maintenant ! » consacré à la danse dans la musique française, autour notamment de Tzigane de Ravel. Si le rhapsode est celui qui chante ou déclame des œuvres écrites par un autre, il est aussi celui qui coud les odes (chants) ensemble et tisse un fil invisible entre les différents univers, motifs, fragments qui composent ces œuvres. En ce sens, la rhapsodie correspond avant tout à un état d’esprit empreint d’ouverture, de liberté, de curiosité et de fantaisie.

Nous avons souhaité ici mettre en miroir des œuvres composées de part et d’autre de l’Atlantique, afin de révéler le développement et la persistance de la rhapsodie dans la musique, les correspondances qu’elle tisse entre l’ancien et le nouveau continent, tout en suivant les trajectoires de compositeurs parfois exilés, souvent épris de liberté.

Le programme est donc construit autour de la Rhapsodie pour violon n°1 de Bartók, qui emporte dans son exil aux Etats-Unis la musique traditionnelle de son pays qui continuera de façonner son style si singulier. Il mourra de l’autre côté de l’océan, le regard tourné vers sa Hongrie natale…

D’autres regards se portent vers l’Europe, comme celui de Gershwin qui, d’une certaine manière, s’inspire de l’esprit rhapsodique pour composer son poème symphonique Un Américain à Paris. Avec ce traitement élastique des thèmes, cette virtuosité à passer d’un tableau à l’autre, d’une ambiance à l’autre, Gershwin nous offre une découverte vivante et foisonnante de la capitale française. Nous évoquerons l’amitié transatlantique entre Gershwin et Ravel qui s’inspirera de l’arrivée du jazz en Occident pour écrire le second mouvement (intitulé « Blues ») de sa Sonate pour violon et piano n°2. Nul doute que ses origines basques auront favorisé son intérêt et son attachement à l’autre continent — certains pensaient même que les Basques et les Américains natifs avaient les mêmes origines !

En regard de cette admiration réciproque entre Ravel et Gershwin, le compositeur français Lucas Henri, passionné des musiques américaines, sera à l’honneur avec sa pièce Un bougnat sur Broadway, sorte de voyage retour en réponse à l’œuvre de Gershwin où l’on plonge dans le regard d’un auvergnat fasciné par les lumières et l’effervescence de Manhattan.

Le programme serait incomplet sans Les Airs Bohémiens de Pablo de Sarasate, violoniste et compositeur basque espagnol parmi les plus célèbres de son temps, qui illustra dans son œuvre le fantasme de la musique improvisée d’Europe Centrale propre à la fin du 19e siècle ; de même que Chabrier, à la même époque, écrivit España, rhapsodie pour orchestre inspirée par les impressions vives que firent sur lui les mélodies, les rythmes et le style des musiques espagnole et andalouse.

Née en 1983, à Bordeaux, dans une famille passionnément musicienne, Deborah Nemtanu a quatre ans lorsqu’elle choisit le violon. La précocité dans la réussite et la diversité dans le talent caractériseront son parcours.

Après avoir obtenu son prix première nommée en 2001 au Conservatoire national supérieur de Musique de Paris, elle multiplie les distinctions internationales : prix de l’Académie Maurice Ravel en 2001, quatrième prix et prix spéciaux au concours Jacques Thibaud en 2002, participation au Perlman Program (USA) en 2007, deuxième prix du Concours Benjamin Britten de Londres en 2008, couronné par un concert avec le Royal Philharmonic Orchestra.

En 2005, elle est nommée premier violon solo de l’Orchestre de Chambre de Paris, un poste de haute responsabilité qu’elle occupe toujours aujourd’hui. A ce titre, elle se produit régulièrement comme soliste au Théâtre des Champs-Elysées, notamment dans le Concerto n°3 de Saint-Saëns, la Symphonie espagnole de Lalo, le concerto de Brahms ou les concertos de Bach, établissant au passage des relations de profonde confiance avec des chefs tels qu’Andris Nelsons, Louis

Langrée, Juraj Valčuha ou Sir Roger Norrington.

Curieuse et passionnée, Deborah Nemtanu élargit progressivement son champ d’action : en proposant des programmes où elle passe habilement du violon à l’alto ; et en en dirigeant elle- même l’Orchestre de Chambre de Paris, en connivence avec les musiciens de l’orchestre, dans un véritable esprit chambriste.

En 2015/2016, elle dirige des symphonies de Mozart à l’Hôtel Sully à Paris (retransmis par France 3) et au Palais Farnèse à Rome. En tant que soliste, elle joue au Festival Enescu et au Festival d’Augsburg sous la direction de Sir Roger Norrington. Elle se produit également aux Folles journées de Nantes et de Tokyo, au festival de Salzburg, au Festival de Montpellier, au Musée d’Orsay et au Festival des Midis-Minimes, à Bruxelles, son premier récital avec la pianiste Natacha Kudriskaya est une euphorie !

Au fil des des tournées, Deborah Nemtanu multiplie les rencontres musicales fécondes, notamment avec Boris Berezovsky, Stephen Kovacevich, Romain Descharmes, Jean-frederic Neuburger, Adam Laloum, François Leleux, Emmanuel Pahud, Fazil Say, Daniel Hope, sans compter sa sœur Sarah Nemtanu, également violoniste et partenaire de toujours.

Classique

Infos

  • 17 février 2023
  • vendredi, 20:00 à 22:00

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